Parti à la rencontre des prostituées du monde entier, Antoine d’Agata, figure majeure de la photographie contemporaine, s’est mêlé à leurs nuits, leurs drogues, leur vie. Des bas-fonds du monde, il montre ici la trace de ses expériences paroxystiques.
Du Cambodge à Cuba, de l’Inde à la Norvège, du Mexique au Japon, il enregistre les gestes des femmes, mais aussi leurs mots. Construit autour de leurs monologues, il restitue leur parole d’une beauté aussi dense que douloureuse. Chacun des 20 chapitres de ce livre au format singulier, homothétique à l’écran de cinéma [Ndlr : le livre étant un produit dérivé du film documentaire], est dédié à une femme.

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Le pitch n’est pas gai. Pour autant, les photos sont belles. Antoine d’Agata parvient encore une fois à faire du beau avec du sordide. Moi, ça m’épate. Ça m’épate d’autant plus que les expressions fréquemment entendue du type « faire corps avec son sujet », « rentrer dedans » sont prises au pied de la lettre. Pour faire un parallèle avec les genres littéraires, nous nous voyons confronté à un roman autobiographie. L’auteur est un personnage à part entière de son travail, élaborant des stratégies lui permettant de se débarrasser de l’appareil photographique pouvant aller jusqu’à la délégation de la prise de vue. Il est acteur d’une photographie humaniste extrême. Poésie romanesque.

Exposition éponyme à la galerie Les Filles du Calvaire, du 27/10/2016 au 26/11/2016.
Vernissage le 26.

Atlas
Edition Textuel, 192 pages. Octobre 2016
ISBN 978-2-84597-563-7