Traditionnellement, mes visites estivales en Bretagne sont l’occasion de me perdre dans la campagne pour profiter du festival photographique qui anime le joli village de La Gacilly. Un festival qui monte en puissance au fil des ans puisque pour la présente édition [la treizième], pas moins de trente-et-un photographes sont exposés. Avec deux thématiques qui s’entrecroisent : le Japon et les Océans.

Commençons par le Japon en retrouvant le maitre Shoji Ueda et ses carrés dunaires teintés de surréalisme. Nous nous promenons ensuite dans le Tokyo en reconstruction d’après guerre saisi par Takeyoshi Tanuma [une très belle découverte]. La surpopulation de l’archipel est magnifiquement illustrée à la chambre et avec des couleurs saturées par Hiromi Tsuchida. Côté tradition, le tournoi de sumo est magnifié par l’oeil de Motoki qui transmet le sacré et la mystique de ces combats. Enfin, une exposition des collections du musée Guimet sur les derniers samouraïs et la route du thé nous plonge dans le Japon traditionnel.

Parcourons maintenant les océans. Olivier Jobard de l’agence MYOP nous propose son travail sur les migrants à travers trois reportages traitant de la question depuis l’Afrique, la Tunisie et la Syrie, rappelant que traverser la mer, avec ses dangers, est souvent une étape obligatoire pour qui veut rejoindre l’Europe. Shiho Fukada avec « Supertankers : les forçats du Bangladesh » nous plonge remarquablement dans l’enfer de la démolition de géants des mers par des travailleurs n’ayant souvent pas plus de quinze ans. Pierre Gleizes, ancien du Rainbow Warrior de Greenpeace, propose quant à lui un impressionnant « plaidoyer contre la surpêche ». À la suite de ces reportages qui ne laissent pas indifférents, mettre les pieds sur les iles du Morbihan en hiver photographiées par Guillaume Herbaut à la demande du conseil départemental est une bouffée d’air frais [air du large bien entendu]. Enfin, une jolie mise à l’honneur du travail d’Anita Conti prouve si besoin était que cette dame était une grande photographe de la mer et des marins.

Bien sûr, il s’agit ici d’une petite sélection qui ne rend pas compte de la diversité des travaux présentés. Rappelons quand même que ce festival se tient jusqu’au 30 septembre 2016, que son accès est gratuit et qu’il est ouvert tous les jours de la semaine !